Séance Parlement jurassien 26.04.2017

SEANCE PLENIERE DU PARLEMENT JURASSIEN DU 26 AVRIL 2017

Message des autorités jurassiennes au corps électoral prévôtois

Intervention de Pierre-André Comte

Monsieur le Président,                                                                                                                       Mesdames et Messieurs les Députés, Madame et Messieurs les Ministres,

En ce jour où nous sommes tout de solennité vêtus, permettez-moi un petit nostra culpa de diversion.  

Nous sommes les représentants du peuple jurassien, certes, mais nous en sommes représentatifs aussi. A ce titre, nous avons une tendance forte à ne pas être d'accord. « Qui cherche trouve », prétend le dicton. « Qui cherche trouve à redire » en est la version jurassienne. Nous le prouvons à chacun de nos repas de famille, et nous en tirons fierté, en bons Gaulois que nous sommes.  

A peine réunis, en effet, certains trouvent déjà qu'il y a trop de radis en entrée. D'autres n'aiment pas les salades vertes. Certains critiquent les fleurs : il y a trop de roses. D'aucuns ne les trouvent pas assez rouges. On palabre aussi sur le noir de la déco. Beaucoup disent qu'il y en a trop, d'autres prétendent que ça fait classe. On se délecte de ces chamailleries.  

C'est toujours un plaisir de se retrouver pour ne pas être d'accord. Et si par extraordinaire nous le sommes, nous nous empressons de ne pas l'être pour les mêmes raisons. Si d'aventure nous nous trompons, ce qui nous arrive comme à tout le monde, c'est toujours pour de bien meilleures raisons que notre voisin. Nous sommes ainsi faits : heureux d'être ensemble et de marquer nos différences.  

Mais voici une nouvelle qui nous met tous d'accord et en joie de surcroît : nos frères prévôtois vont se joindre à la fête. Jusqu'à maintenant, ils en ont toujours été empêchés pour d'obscures raisons. On va les accueillir dignement, avec accolades et une place d'honneur préparée exprès pour eux. Ils sont de la famille et on le leur fera sentir.  

En un rien de temps, ils seront dans le coup et on se chamaillera en choeur dans la plus parfaite bonne humeur. Les Prévôtois y prendront goût en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et, dans quelques mois, on se demandera comment il était possible qu'ils ne fussent pas des nôtres depuis longtemps. Ils se le demanderont aussi.  

On a juste une petite crainte : c'est qu'au dernier moment, quelques funestes manœuvres les empêchent de venir au repas de famille. Ce serait mal fait : surtout pour eux. Mais en attendant, on va leur chauffer la place ! Et par son message, notre gouvernement a bien fait de les prévenir.  

Voilà pour l'allégorie qui mêle sentiment et raisonnement, cœur et raison. Qu'en est-il, sur le fond, de l'affaire dont le Parlement est saisi ?  

La ville de Moutier est devant un choix décisif. Il faut comprendre qu'elle le fera en connaissance de cause. Partir à l'aventure n'entre pas dans son caractère. Ayant enfanté le Jura tel que nous le connaissons, déchirée souvent sous le coup des pressions qu'elle a subies, matraquée un temps par des hordes de grenadiers, empêchée de jouer son rôle aux moments cruciaux, rêvant sans cesse à l'unité du Jura, Moutier s'est familiarisé avec les précautions à prendre lorsque la question de son destin lui est posée. Aujourd'hui, la cité prévôtoise ne demande rien, elle veut juste savoir.  

En lui disant quelle sera sa place au sein de l'Etat jurassien, en lui montrant quels seront ses avantages, en l'assurant d'engagements irrévocables, en lui garantissant un avenir meilleur, le gouvernement s'est montré à la hauteur de ses responsabilités. On ne peut que l'en féliciter.  

Il appartient maintenant au Parlement de se prononcer. Sa « commission » chargée du dossier l'a déjà fait unanimement. Comme mes prédécesseurs à cette tribune, en tant que membre de la commission et au nom du groupe socialiste, je vous invite à approuver le message du gouvernement au corps électoral prévôtois. En faisant cela, nous serons dignes de notre histoire.  

En cet instant, je voudrais me féliciter de la volonté de concordance qui a régné au cours des débats de la commission parlementaire. L'évocation renouvelée des intérêts supérieurs de l'Etat et du peuple jurassien entier, une volonté de ne rien céder à la démagogie et d'assumer la tenue des engagements pris, tout cela fait que nous nous trouvions sur une même longueur d'onde. Œuvrer à une union réfléchie et consentie avec la ville de Moutier, telle était et telle reste notre ambition.  

Fort de l'appui de notre population, qui s'est notamment exprimée de manière claire le 24 novembre 2013 et lors du dépôt de la pétition populaire du MAJ en automne 2015, le canton du Jura ne fait pas de promesses. Il exprime un engagement. Il fera ce qu'il dit. Et maintenant, en avant !

MAJ

Mouvement autonomiste jurassien


Secrétariat général

Place Roland-Béguelin

2740 Moutier (Jura)

Suisse


Tél. +41 (0)32 493 49 44 (matin)

Fax +41 (0)32 493 16 46

secretariat@maj.ch